Pastille Climat #4

Crédit illustration : Art from the series Environmental Graphiti® - The Art of Climate Change by Alisa Singer. https://www.environmentalgraphiti.org

Pastille Climat #4 :

« De nombreuses modifications consécutives aux émissions passées et futures de gaz à effet de serre seront irréversibles pour les siècles et millénaires à venir, en particulier les modifications liées aux océans, aux calottes polaires et au niveau des mers. »  (GIEC, AR6, SPM)

Pour aller plus loin :

Une occasion de parler des délais ! Parce que oui, faire la queue à la Poste, c’est déjà long et pénible. Mais attendre que la Terre se réajuste suite au changement climatique, c’est encore plus long. Et presque aussi pénible.

La fin du Gulf Stream, on en parle ou bien ?


Commençons par cet exemple, dont on parle beaucoup en ce moment. #LeJourDApres
Le pitch est simple : la fonte du Groenland entrainerait une modification des conditions de température et de salinité des couches supérieures de l’Atlantique Nord, qui les empêcherait de plonger en profondeur et mettrait ainsi un terme au climat tel qu’on le connaît actuellement.

Sur le principe, il faut savoir que la circulation océanique globale (en particulier en Atlantique Nord) est la conséquence de deux schémas de circulation :

  • la circulation de surface, locale, qui prend la forme de gigantesques tourbillons qu’on appelle gyre. Dans un climat plus chaud, les gyres ne devraient pas évoluer beaucoup.
  • la circulation mondiale, qui fait intervenir les couches océaniques profondes, qu’on appelle thermohaline (AMOC). C’est celle-ci qui transporte et qui répartit la chaleur captée par l’océan de surface dans tous les océans du monde. Et c’est celle-ci dont on craint un effondrement.

Le Gulf Stream, lui aussi, est la combinaison de ces deux circulations. Or, c’est davantage le gyre subtropical qui l’entretient, que la circulation thermohaline. Rassurons-nous donc : des changements pourraient avoir lieu, mais pas avant la fin du siècle. Par ailleurs, si ses modifications peuvent avoir des conséquences locales en Amérique du Nord et en Europe, il n’est pas question d’une nouvelle ère glaciaire. Bref, sans mauvais jeu de mots, Roland Emmerich peut aller se rhabiller.

 

La situation est résumée sur le schéma ci-dessous :

Source : GIEC, FAQ 9.3

Et en moyenne ?


Parce que la question du temps est assez capitale pour comprendre les enjeux du réchauffement climatique. Alors, indépendamment de nos émissions futures de gaz à effet de serre et pour citer Gandalf : « Comprenez ceci : les choses qui sont en mouvement ne peuvent être arrêtées ».
Les glaciers de montagne vont continuer à répondre au changement climatique pendant plusieurs décennies, ou plusieurs siècles. Le permafrost, l’Antarctique, le Groenland, au moins pendant plusieurs siècles. Comme on le comprend suite à l’explication précédente, le niveau des mers et le réchauffement océanique pourraient se poursuivre, quant à eux, pendant encore plusieurs siècles, voir plusieurs millénaires.

Pas le temps ici de rentrer dans les détails, inutile de saturer nos citrons avec trop d’information. On en parlera une autre fois !



Sources :

IPCC, 2021: Summary for Policymakers. In: Climate Change 2021: The Physical Science Basis. Contribution of Working Group I to the Sixth Assessment Report of the Intergovernmental Panel on Climate Change [Masson-Delmotte, V., P. Zhai, A. Pirani, S.L. Connors, C. Péan, S. Berger, N. Caud, Y. Chen, L. Goldfarb, M.I. Gomis, M. Huang, K. Leitzell, E. Lonnoy, J.B.R. Matthews, T.K. Maycock, T. Waterfield, O. Yelekçi, R. Yu, and B. Zhou (eds.)]. Cambridge University Press. In Press.

Frequently Asked Questions #9.3: https://www.ipcc.ch/report/ar6/wg1/#FAQ

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